<?xml version="1.0" encoding="iso-8859-1"?><rss version="2.0"><channel><title>Indiepoprock.net - chroniques de disques</title><link>http://www.indiepoprock.net</link><description>indiepoprock.net // webzine, chroniques, interviews, live reports, labels, groupes indie, actualité rock, musique pop, artistes indépendants,</description><copyright>©2006 indiepoprock</copyright><language>fr</language><lastBuildDate>Wed, 10 Mar 2010 22:02:20 +0100</lastBuildDate><item><title>Irrepressibles (The) - Mirror Mirror</title><link>http://www.indiepoprock.net/review.php?id=3250</link><guid>http://www.indiepoprock.net/review.php?id=3250</guid><pubDate>Wed, 10 Mar 2010</pubDate><description>On avait pu v&amp;eacute;rifier, avec le second album du Get Well Soon de Konstantin Gropper, que la pop baroque avait du mal &amp;agrave; tenir la longueur d'un album. Ce qui fonctionne bien sur 3-4 titres a tendance a tourner &amp;agrave; l'indigestion pass&amp;eacute; ce cap. Pourtant, en mati&amp;egrave;re de baroque et d'orchestration grandiloquente, on a trouv&amp;eacute; encore plus fort que Get Well Soon avec le collectif anglais The Irrepressibles. Dix membres, &amp;agrave; la fois musiciens et performers, des concerts b&amp;eacute;n&amp;eacute;ficiant de v&amp;eacute;ritables mises en sc&amp;egrave;nes th&amp;eacute;&amp;acirc;trales, un leader (Jamie McDermott) au timbre androgyne et un album construit en forme d'op&amp;eacute;ra barococo, &amp;agrave; la fois glam, pop, lyrique et baroque.

L'&amp;eacute;coute des 12 titres de &amp;quot;Mirror Mirror&amp;quot; d&amp;eacute;passe en effet le cadre traditionnel de la musique, si l'on accepte de se laisser embarquer dans l'univers d&amp;eacute;cal&amp;eacute; de cette troupe haute en couleurs. Cordes (violons, violoncelles), vents (fl&amp;ucirc;te, cor, clarinette...) et piano accompagnent Jamie McDermott le long de 12 sayn&amp;egrave;tes aussi lyriques qu'excentriques, &amp;agrave; la mani&amp;egrave;re d'un Klaus Nomi ou, plus proche de nous, des Canadiens d'Of Montreal. On ne peut s'emp&amp;ecirc;cher d'&amp;eacute;voquer &amp;eacute;galement la ressemblance vocale entre McDermott et Antony Hegarty (m&amp;ecirc;me s'il s'en d&amp;eacute;fend), flagrante sur &lt;em&gt;Forget the Past&lt;/em&gt;, m&amp;ecirc;me voix de t&amp;ecirc;te perch&amp;eacute;e dans les aigus, ou &amp;agrave; un degr&amp;eacute; moindre avec celle du Canadien Patrick Watson sur &lt;em&gt;The Tide&lt;/em&gt;.

&amp;quot;Mirror Mirror&amp;quot; est plut&amp;ocirc;t construit comme un op&amp;eacute;ra, une pi&amp;egrave;ce de th&amp;eacute;&amp;acirc;tre, que comme un album de pop ind&amp;eacute; classique. On a en effet le sentiment &amp;agrave; son &amp;eacute;coute d'assister &amp;agrave; un spectacle tout autant sonore que visuel, avec ses moments de calme et ses envol&amp;eacute;es lyriques. Parmi les meilleurs moments de cet album on retiendra la gr&amp;acirc;ce d'&lt;em&gt;In Your Eyes&lt;/em&gt; et de &lt;em&gt;My Witness&lt;/em&gt;, les envol&amp;eacute;es d'un &lt;em&gt;Nuclear Skies&lt;/em&gt; ou au contraire le c&amp;ocirc;t&amp;eacute; intimiste de &lt;em&gt;The Tide&lt;/em&gt;, mais c'est avec le somptueux &lt;em&gt;In This Shirt&lt;/em&gt; que le groupe de  Jamie McDermott tutoie les sommets. Il cl&amp;ocirc;ture un album qui n'a, au final, qu'un seul d&amp;eacute;faut, celui d'arriver apr&amp;egrave;s le ph&amp;eacute;nom&amp;egrave;ne Antony &amp;amp; The Johnsons, mais avec un titre aussi beau qu'&lt;em&gt;In This Shirt&lt;/em&gt; on consent &amp;agrave; pardonner beaucoup de choses.</description></item><item><title>Joanna Newsom - Have One On Me</title><link>http://www.indiepoprock.net/review.php?id=3249</link><guid>http://www.indiepoprock.net/review.php?id=3249</guid><pubDate>Tue, 09 Mar 2010</pubDate><description>Dire que le dernier album de Joanna Newsom est attendu, est un doux euph&amp;eacute;misme. La jeune harpiste a su g&amp;eacute;n&amp;eacute;rer autour d'elle un engouement tout particulier depuis son premier album, &amp;quot;The Milk-Eyed Mender&amp;quot; sorti en 2004, et quelques EP en autoproduction. Son deuxi&amp;egrave;me effort &lt;a href="http://www.indiepoprock.net/review.php?id=1962"&gt;&amp;quot;Ys&amp;quot;&lt;/a&gt;, chez Drag City a marqu&amp;eacute; les esprits par son ampleur et pr&amp;eacute;sageait d&amp;eacute;j&amp;agrave; de son orientation lyrique. Reconnaissable entre mille avec sa voix aigu&amp;euml; et &amp;eacute;corch&amp;eacute;e, elle agace ou suscite la curiosit&amp;eacute;. &amp;quot;Have One On Me&amp;quot; sort donc plus de 3 ans apr&amp;egrave;s son pr&amp;eacute;d&amp;eacute;cesseur, et c'est avec les mains moites qu'elle nous laisse appr&amp;eacute;hender maladroitement cet objet &amp;eacute;trange, d&amp;eacute;coup&amp;eacute; en trois disques ou trois mouvements.

Depuis &amp;quot;Ys&amp;quot;, Joanna affectionne les long morceaux, aux ondulations vari&amp;eacute;es, qui offrent plusieurs facettes. Ce disque est donc long &amp;agrave; apprivoiser, il demande du temps d'&amp;eacute;coute puisque le plus long morceau d&amp;eacute;passe les 11 minutes et que la dur&amp;eacute;e moyenne avoisine les 6 minutes. &amp;quot;Have One On Me&amp;quot; est un album copieux et g&amp;eacute;n&amp;eacute;reux puisqu'il faudra compter 18 titres pour venir &amp;agrave; bout de son univers. Ce qui a principalement chang&amp;eacute; depuis &amp;quot;Ys&amp;quot;, c'est la voix de Joanna, qui d'album en album ne se ressemble pas, se perfectionne, proche de celle de Kate Bush il faut bien le reconna&amp;icirc;tre. Elle se d&amp;eacute;marque &amp;eacute;galement de son &amp;eacute;tiquette &amp;laquo; folk-m&amp;eacute;di&amp;eacute;val &amp;raquo; un peu r&amp;eacute;ductrice en d&amp;eacute;voilant des morceaux plus contemporains bluesy, country, presque dans la lign&amp;eacute;e d'une americana digne de ce nom.

Sur le premier mouvement Joanna accouche des morceaux les plus forts de cet album qui sont &lt;em&gt;Have One On Me&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;81&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Easy&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Good Intentions Paving Company&lt;/em&gt; ou &lt;em&gt;Baby Birch&lt;/em&gt;. Ses chansons sont comme des courses folles o&amp;ugrave; la prise de souffle semble impossible, o&amp;ugrave; tous les sentiments explosent sans grande coh&amp;eacute;rence apparente, et laissent entrer batterie, piano, banjo comme nouveaux compagnons de voyage. Pari risqu&amp;eacute;, mais &amp;ocirc; combien r&amp;eacute;ussi et n&amp;eacute;cessaire. Joanna offre des chansons admirablement trouss&amp;eacute;es et poignantes comme &lt;em&gt;You And Me, Bess&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;In California&lt;/em&gt; (dont le final dresse son lot de poils sur les bras), &lt;em&gt;Go Long&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Occident&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Soft As Chalk&lt;/em&gt; (qu'Alela Diane aurait pu &amp;eacute;crire). Poussez l'&amp;eacute;coute jusqu'au bout et quelques tirades finales sont bouleversantes &amp;agrave; l'image de &lt;em&gt;Kingfisher &lt;/em&gt;qui me ferait presque mentir sur l'absence de folk-m&amp;eacute;di&amp;eacute;val sur ce disque, et &lt;em&gt;Does Not Suffice&lt;/em&gt;, le g&amp;eacute;nial &amp;eacute;cho &amp;agrave; probablement la plus belle chanson du disque (&lt;em&gt;In California&lt;/em&gt;).

Toutefois dans un pari il y a une prise de risque, et la prise de risque entra&amp;icirc;ne des imperfections, tr&amp;egrave;s peu dommageables. Il faut bien admettre que tout n'est pas du m&amp;ecirc;me acabit. Parfois on s'ennuie, &lt;em&gt;Esme&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Autumn &lt;/em&gt;et &lt;em&gt;Ribbon Bows&lt;/em&gt; tournent en rond et pataugent (pr&amp;eacute;sents sur le troisi&amp;egrave;me et dernier mouvement). On serait tenter de jeter un pav&amp;eacute; dans la mare en se demandant si un bon double album bien dos&amp;eacute; n'aurait pas &amp;eacute;t&amp;eacute; suffisant. Des chipotages qui n'ont rien de bien dommageable comme je vous le disais. &amp;quot;Have One On Me&amp;quot;, triple album qui compte double dans nos c&amp;oelig;urs, combinaison gagnante de cette ann&amp;eacute;e 2010. Joanna Newsom ne se contente pas de rassurer ses admirateurs, elle offre une perspective int&amp;eacute;ressante &amp;agrave; une folk parfois trop lisse. Son ambition et son parti pris artistique sont tout simplement &amp;agrave; saluer et savourer.</description></item><item><title>Tunng - ...and then we saw land</title><link>http://www.indiepoprock.net/review.php?id=3248</link><guid>http://www.indiepoprock.net/review.php?id=3248</guid><pubDate>Mon, 08 Mar 2010</pubDate><description>&lt;div align="justify"&gt;Tunng s'est sans aucun doute install&amp;eacute; dans le peloton de t&amp;ecirc;te des groupes qui, ces derni&amp;egrave;res ann&amp;eacute;es, ont prouv&amp;eacute; qu'on pouvait compter sur eux pour ce qui est de nous livrer des albums soign&amp;eacute;s et aboutis. Pourtant, on les d&amp;eacute;crit souvent comme un &amp;quot;bon petit&amp;quot; groupe, on s'enflamme rarement &amp;agrave; leur sujet. Il faut dire que Tunng est un peu une anomalie : anglais alors qu'avec leur folk electro-bricolo, on les aurait plut&amp;ocirc;t vus originaires de l'autre c&amp;ocirc;t&amp;eacute; de l'atlantique. Rat&amp;eacute; donc pour ce qui est de profiter de l'&amp;eacute;mulation de la vague n&amp;eacute;o-folk qui a s&amp;eacute;vi en Am&amp;eacute;rique ces derniers temps. En outre, la musique de Tunng n'est&amp;nbsp; pas de celles qui vous d&amp;eacute;chirent l'&amp;acirc;me, et ne vous ass&amp;egrave;ne pas non plus des hits au kilom&amp;egrave;tre. Tunng, c'est plut&amp;ocirc;t un cocon tranquille (du moins en surface), dans lequel il fait bon se lover et se laisser bercer. On peut y voir une limite, mais c'est aussi sur cet entre-deux que le groupe a cr&amp;eacute;&amp;eacute; son identit&amp;eacute;. 

&amp;quot;...and then we saw land&amp;quot; ne semble d'ailleurs pas avoir &amp;eacute;t&amp;eacute; con&amp;ccedil;u pour faire changer le groupe de statut, mais s'affirme plut&amp;ocirc;t comme un prolongement serein de la brillante carri&amp;egrave;re du groupe. Il ne faut en effet pas longtemps pour retrouver les m&amp;eacute;lodies c&amp;eacute;lestes et enlev&amp;eacute;es qui nous ravissent &amp;agrave; chaque fois, comme sur &lt;em&gt;It breaks&lt;/em&gt;, sur lequel il fait bon siffloter et taper du pied. Cette fois-ci, le groupe a un peu mis de c&amp;ocirc;t&amp;eacute; les petits bidouillages qui se m&amp;ecirc;laient&amp;nbsp; aux instruments sur les albums pr&amp;eacute;c&amp;eacute;dents et constituaient pour bonne part la &amp;quot;patte&amp;quot; Tunng. Alors on serait vite tent&amp;eacute;s de d&amp;eacute;cr&amp;eacute;ter que cet album est bien joli mais que le groupe &amp;eacute;volue dans des eaux plus banales, brass&amp;eacute;es par bien d'autres.

&amp;nbsp;Or, c'est justement l&amp;agrave; le pi&amp;egrave;ge dans lequel il ne faut pas tomber : car si la musique de Tunng est l&amp;eacute;g&amp;egrave;re, sereine, &amp;ccedil;a ne signifie pas pour autant qu'on en fait le tour en une ou deux &amp;eacute;coutes. Un morceau comme &lt;em&gt;Don't look down look up &lt;/em&gt;peut par exemple vous laisser, sinon de marbre, au moins quelque peu indiff&amp;eacute;rent sur une, deux, trois &amp;eacute;coutes, et vous mettre une belle claque &amp;agrave; la suivante. Car Tunng a par moment revu ses dynamiques, travaill&amp;eacute; plus en profondeur ses parties instrumentales, pouss&amp;eacute; un peu plus loin que sur les albums pr&amp;eacute;c&amp;eacute;dents son recours au chant choral, et tous ces petits d&amp;eacute;tails affleurent &amp;agrave; notre conscience au fur et &amp;agrave; mesure. La partition de piano et la structure en canon de &lt;em&gt;The roadside&lt;/em&gt; est ainsi un mod&amp;egrave;le de composition, tout comme le d&amp;eacute;pouill&amp;eacute; &lt;em&gt;These winds&lt;/em&gt;, presque uniquement ax&amp;eacute; sur les voix et qui sonne comme une chanson traditionnelle. Et puis il y a &lt;em&gt;With whiskey&lt;/em&gt;, qui lui aussi repose a priori sur deux fois rien, sinon quelques accords de guitare acoustique, deux trois notes de harpe, des voix en l&amp;eacute;vitation, et qui vous atteint directement en plein c&amp;oelig;ur. Comment faire un maximum avec une &amp;eacute;conomie de moyens remarquables en une le&amp;ccedil;on. Alors, oui, Tunng est bien un groupe majeur du moment, et &amp;quot;...and then we saw land&amp;quot;, un disque qui creuse tranquillement son sillon. Ce qui devrait nous valoir encore pas mal de bons albums et de bons moments dans les ann&amp;eacute;es &amp;agrave; venir. 
&lt;/div&gt;</description></item><item><title>Harmonia &amp; Eno - Tracks and Traces</title><link>http://www.indiepoprock.net/review.php?id=3244</link><guid>http://www.indiepoprock.net/review.php?id=3244</guid><pubDate>Sun, 07 Mar 2010</pubDate><description>On peut affirmer sans h&amp;eacute;sitation que Brian Eno est un g&amp;eacute;nie. Ne serait-ce que pour avoir inventer le jeu de carte des Strat&amp;eacute;gies&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;Obliques, ou encore avoir r&amp;eacute;aliser quelques chefs d&amp;rsquo;&amp;oelig;uvre tels que &amp;quot;Before &amp;amp; After Science&amp;quot; et &amp;quot;Apollo Atmospheres Soundtracks&amp;quot;, sans oublier la production de certains des meilleurs disques de Bowie ou des Talking Head, Eno est encore une figure incontournable en mati&amp;egrave;re de pop moderne.

Au fur et &amp;agrave; mesure que le temps passe, je d&amp;eacute;niche toujours une de ces cr&amp;eacute;ations musicales ou une collaboration avec un autre groupe. Derni&amp;egrave;re d&amp;eacute;couverte en date, sa participation &amp;agrave; Harmonia, un super-groupe de Krautrock compos&amp;eacute; de l&amp;rsquo;ancien Neu&amp;nbsp;!, Michael&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;Rother (un jour il faudra &amp;eacute;crire &amp;ocirc; combien &amp;ldquo;Neu&amp;nbsp;! 75&amp;Prime; fait partie de ces immenses disques de Krautrock), ainsi que Hans-Joachim Roedelius et Dieter&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;M&amp;ouml;bius de Cluster. Cela remonte donc &amp;agrave; quelques ann&amp;eacute;es, puisque &amp;quot;Tracks And Traces&amp;quot; est constitu&amp;eacute; d&amp;rsquo;une collection de titres enregistr&amp;eacute;s en 1976, qui n&amp;rsquo;ont &amp;eacute;t&amp;eacute; &amp;eacute;dit&amp;eacute; qu&amp;rsquo;en 1997, avant d&amp;rsquo;&amp;ecirc;tre ressorti r&amp;eacute;cemment en 2009. Difficile de comprendre pourquoi ce chef d&amp;rsquo;&amp;oelig;uvre est rest&amp;eacute; aussi longtemps dans les tiroirs d&amp;rsquo;Harmonia &amp;amp; Eno tant la puissance introspective des premi&amp;egrave;res notes de &lt;em&gt;Vamos Companeros&lt;/em&gt; a de quoi transporter n&amp;rsquo;importe quel auditeur par ses volutes synth&amp;eacute;tiques et ambiantes.

Enti&amp;egrave;rement atmosph&amp;eacute;rique, &amp;quot;Tracks And Traces&amp;quot; est compos&amp;eacute; pour l&amp;rsquo;essentiel de longues notes de claviers, de guitares, ainsi que de quelques rares patterns programm&amp;eacute;s sur d&amp;rsquo;anciennes bo&amp;icirc;tes &amp;agrave; rythmes. Au milieu de ces influences synth&amp;eacute;tiques, on peut entendre &lt;em&gt;Luneburg Health&lt;/em&gt;, seul titre chant&amp;eacute; par un Brian Eno dont&amp;nbsp; la voix froide apporte une &amp;eacute;trange marque d&amp;rsquo;humanit&amp;eacute; au milieu de toute cette musique brute, exp&amp;eacute;rimentale et &amp;eacute;lectronique. Dans les guitares de &lt;em&gt;Les Demoiselles&lt;/em&gt; on y entend parfois une sorte de blues lymphatique, qui inspirera d&amp;rsquo;ailleurs Eno pour le c&amp;eacute;l&amp;egrave;bre &lt;em&gt;Deep Blue Day&lt;/em&gt; que l&amp;rsquo;on peut entendre sur &amp;quot;Apollo Atmospheres Soundtracks&amp;quot;. Tout ceci est saisissant par sa simplicit&amp;eacute; et sa beaut&amp;eacute;.

Pour le reste, le mieux est encore d&amp;rsquo;&amp;eacute;couter ce disque, ces ambiances conviennent plus &amp;agrave; l&amp;rsquo;&amp;eacute;coute active qu&amp;rsquo;&amp;agrave; un long r&amp;eacute;sum&amp;eacute;. Autant en rester sur un silence admiratif &amp;hellip;</description></item><item><title>The Rudy Trouvé Septet - Heaven Hotel Presents The Rudy Trouvé Septet 2007-2009</title><link>http://www.indiepoprock.net/review.php?id=3236</link><guid>http://www.indiepoprock.net/review.php?id=3236</guid><pubDate>Sat, 06 Mar 2010</pubDate><description>Le nom de Rudy Trouv&amp;eacute; est associ&amp;eacute; &amp;agrave; tant de groupes embl&amp;eacute;matiques et de projets musicaux plus ou moins alternatifs, en Belgique, que cela donne le tournis. A l'instar de son comparse Mauro Pawlowski, il ne semble jamais &amp;ecirc;tre rassasi&amp;eacute;. Dirigeant un label sous lequel il sort ses propres albums mais &amp;eacute;galement ceux de groupes &amp;agrave; la forte personnalit&amp;eacute; et dont il fait plus ou moins partie, il trouve encore le temps de se concentrer sur son septet qui lui tient tant &amp;agrave; c&amp;oelig;ur. Membre de Dead Man Ray (en pause musicale depuis leur dernier album, &amp;quot;Cago&amp;quot;), et des trop m&amp;eacute;connus mais g&amp;eacute;niaux Love Substitutes, il est devenu au fil des d&amp;eacute;cennies une figure embl&amp;eacute;matique du rock ind&amp;eacute;pendant anversois. N'oublions pas qu'il a &amp;eacute;galement fait partie de dEUS, &amp;agrave; l'&amp;eacute;poque de &amp;quot;Worst Case Scenario&amp;quot;, et qu'il y a imprim&amp;eacute; sa patte, m&amp;ecirc;me si on se focalisait d&amp;eacute;j&amp;agrave; &amp;agrave; l'&amp;eacute;poque sur la paire de surdou&amp;eacute;s qu'&amp;eacute;taient Tom Barman et Stef Kamil Carlens (Zita Swoon).

Mais revenons-en &amp;agrave; ce fameux septet. Apr&amp;egrave;s le d&amp;eacute;j&amp;agrave; g&amp;eacute;nial album qui compilait des morceaux jou&amp;eacute;s entre 2003 et 2007, (Songs and Stuff Recorded Between 2003 and 2007, Part One and Two), Rudy Trouv&amp;eacute; et ses musiciens remettent le couvert, avec &amp;quot;Heaven Hotel Presents The Rudy Trouv&amp;eacute; Septet 2007-2009&amp;quot;. Difficile de parler de ligne de conduite chez Rudy Trouv&amp;eacute; m&amp;ecirc;me si le principal int&amp;eacute;ress&amp;eacute; semble savoir exactement ou il voulait en venir. C'est tant mieux, on le suit alors les yeux ferm&amp;eacute;s. Sur &lt;em&gt;Beast&lt;/em&gt;, on &amp;eacute;touffe un cri de joie au plaisir de retrouver notre tr&amp;egrave;s cher Anversois l&amp;agrave; ou l'on l'avait laiss&amp;eacute; il y a deux ans. Toujours par&amp;eacute; de cette nostalgie typique et touchante, la musique de Trouv&amp;eacute; touche en plein c&amp;oelig;ur, car sous ses airs parfois patibulaires, on sait qu'il est un grand sensible, de la musique, mais aussi du monde qui l'entoure. Le septet est &amp;agrave; l'unisson, Trouv&amp;eacute; jouant parfaitement sa partition de chef-d'orchestre. Une harmonie incroyable se cr&amp;eacute;&amp;eacute; malgr&amp;eacute; la profusion d'instruments. Et les cordes sur ce morceau sont &amp;eacute;tincelantes. &lt;em&gt;Footage &lt;/em&gt;est un morceau hant&amp;eacute;, chant&amp;eacute; en ch&amp;oelig;urs.&amp;nbsp;

On imagine le groupe en arc de cercle, jouant en totale communion, Trouv&amp;eacute; se faisant autoritaire mais en retrait. Il ins&amp;egrave;re des interm&amp;egrave;des de courte dur&amp;eacute;e entre ses morceaux, tel &lt;em&gt;On A Highway, Barely Awake&lt;/em&gt;, tr&amp;egrave;s cin&amp;eacute;matographique. Il rend aussi hommage au majordome de la famille Adams, sur &lt;em&gt;Ted Cassidy&lt;/em&gt;. Cette chanson, tr&amp;egrave;s touchante, s'&amp;eacute;labore autour d'une boucle de guitares, laquelle ne semble pas vouloir s'arr&amp;ecirc;ter. Des cris surgissent pour accentuer la part de monstruosit&amp;eacute; du personnage. Mais la palme d'or du meilleur morceau revient de droit &amp;agrave; &lt;em&gt;Stolen Moments&lt;/em&gt;, pr&amp;eacute;cis exquis de m&amp;eacute;lancolie typiquement anversoise. On s'y croirait. Le d&amp;eacute;but de &lt;em&gt;Dub Undead &lt;/em&gt;rappelle les meilleurs moments des Love Substitutes, pour prendre par la suite une toute autre direction, plus dans le sens de Dead Man Ray. En effet, ce qui faisait la richesse de ce groupe, c'est la recherche musicale, et l'obs&amp;eacute;d&amp;eacute; du son qu'est Rudy Trouv&amp;eacute; y a trouv&amp;eacute; un terrain de jeu au sein duquel s'&amp;eacute;panouir avant de voguer vers des projets solo. 

Rudy Trouv&amp;eacute; nous a de nouveau tendu des pages de ses notes personnelles, de son journal de bord, de ses r&amp;ecirc;veries. On refait le chemin avec lui, et chaque nouvel album est un exercice, non seulement de style, mais qui nous permet aussi de saisir toute la richesse de la personnalit&amp;eacute; si attachante de ce musicien et compositeur exemplaire. Encore une fois bravo !</description></item><item><title>Ben Sollee &amp; Daniel Martin Moore - Dear Companion</title><link>http://www.indiepoprock.net/review.php?id=3245</link><guid>http://www.indiepoprock.net/review.php?id=3245</guid><pubDate>Fri, 05 Mar 2010</pubDate><description>Quand la fatigue vient, il faut &amp;eacute;couter de temps en temps quelques n&amp;eacute;o-folkeux l&amp;eacute;g&amp;egrave;rement pop, bien propres sur eux, &amp;agrave; la mani&amp;egrave;re des Bowerbirds, pour citer les plus &amp;eacute;vidents d&amp;rsquo;entre-eux. C&amp;rsquo;est le genre de musique un peu &amp;eacute;ph&amp;eacute;m&amp;egrave;re qui passe bien le soir, c&amp;rsquo;est plut&amp;ocirc;t confortable de rentrer dans un &amp;eacute;tat de semi-somnolence avec ces m&amp;eacute;lodies acoustiques, id&amp;eacute;ales avant de passer &amp;agrave; des groupes aux sons beaucoup plus hardcore et complexes. Ben&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;Sollee et Daniel&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;Martin&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;Moore font donc partie de ce folklore qui d&amp;eacute;tend, tant leur premier album se r&amp;eacute;v&amp;egrave;le agr&amp;eacute;able &amp;agrave; &amp;eacute;couter, &amp;agrave; d&amp;eacute;faut de pourvoir d&amp;eacute;fricher des terrains beaucoup moins inconfortables.

Dans un registre tr&amp;egrave;s proche de celui de M. Ward, Ben Sollee et Daniel&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;Martin&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;Moore&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;explorent quelques territoires de l&amp;rsquo;h&amp;eacute;ritage folk, voire country ; c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;esprit d&amp;rsquo;une certaine &lt;em&gt;Americana&lt;/em&gt; qui est invit&amp;eacute; sur chaque titre. Leurs compositions &amp;ndash; quatre pour Sollee, cinq pour Moore, deux en commun &amp;ndash; s&amp;rsquo;affirment avec une certaine &amp;eacute;l&amp;eacute;gance. D&amp;rsquo;&amp;eacute;criture essentiellement acoustique, avec une primeur pour le violoncelle pour Ben Sollee et la guitare folk pour Daniel&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;Martin&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;Moore, l&amp;rsquo;ensemble des titres se r&amp;eacute;v&amp;egrave;lent assez agr&amp;eacute;ables &amp;agrave; &amp;eacute;couter de par leur finesse et leur joliesse. Un arrangement pop et bois&amp;eacute; que l&amp;rsquo;on doit s&amp;ucirc;rement &amp;agrave; la production de Yim&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;Yames, un participant au super-groupe Monsters Of Folk, ceci explique cela.

Avec leurs voix graciles, l&amp;eacute;g&amp;egrave;rement teint&amp;eacute;es d&amp;rsquo;accents country, les deux songwriters sont tr&amp;egrave;s bons dans des registres calmes et minimalistes, notamment avec &lt;em&gt;Flyrock Blues&lt;/em&gt; de Daniel&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;Martin&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;Moore, tout en picking a&amp;eacute;riens, ou encore l&amp;rsquo;intimiste &lt;em&gt;Only a Song&lt;/em&gt; de Ben&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;Sollee. Lorsque les constructions sonores deviennent plus expansives, avec du banjo ou enrichies de sonorit&amp;eacute;s influenc&amp;eacute;es par le jazz, comme sur &lt;em&gt;Dear Companion&lt;/em&gt;, Ben Sollee et Daniel Martin Moore y perdent malheureusement en personnalit&amp;eacute;, la faute &amp;agrave; une production dans l&amp;rsquo;ensemble beaucoup trop lisse. Des sonorit&amp;eacute;s beaucoup trop classiques et moins touchantes pour emballer compl&amp;egrave;tement, et c&amp;rsquo;est finalement le seul reproche que l&amp;rsquo;on pourrait faire &amp;agrave; ce &amp;quot;Dear Companion&amp;quot;.

Voil&amp;agrave; donc un bon disque, plut&amp;ocirc;t sympathique, parfois touchant, sans &amp;ecirc;tre inoubliable. Plus de personnalit&amp;eacute; et un prochain album permettraient peut &amp;ecirc;tre &amp;agrave; Ben Sollee et Daniel Martin Moore d&amp;rsquo;entrer dans le club tr&amp;egrave;s select de l&amp;rsquo;aristocratie folk.</description></item><item><title>Retribution Gospel Choir - 2</title><link>http://www.indiepoprock.net/review.php?id=3243</link><guid>http://www.indiepoprock.net/review.php?id=3243</guid><pubDate>Thu, 04 Mar 2010</pubDate><description>On se souvient de &lt;em&gt;Death Of A Salesman&lt;/em&gt;, que l&amp;rsquo;on peut entendre sur le deuxi&amp;egrave;me tiers de &amp;quot;The Great Destroyer&amp;quot;. Ce titre jou&amp;eacute; par Alan Sparhawk, seul avec une guitare acoustique, venait rompre avec les atmosph&amp;egrave;res &amp;eacute;crasantes que l&amp;rsquo;on pouvait entendre sur ce disque. La chanson parlait aussi d&amp;rsquo;une certaine forme de renoncement, comment se plier aux exigences des autres plut&amp;ocirc;t que de rester connect&amp;eacute; &amp;agrave; ses propres besoins &amp;hellip;

C&amp;rsquo;est peut &amp;ecirc;tre le besoin de grosses saturations qui a pouss&amp;eacute; Alan Sparhawk &amp;agrave; r&amp;eacute;aliser ce second album de Retribution&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;Gospel&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;Choir, alors qu&amp;rsquo;on attendait plut&amp;ocirc;t de lui qu&amp;rsquo;il &amp;eacute;crive pendant encore quelques temps des passages lents s&amp;rsquo;&amp;eacute;tirant sur de longues minutes, que l&amp;rsquo;on &amp;eacute;couterait en se morfondant de plaisir. Pour casser cette routine, Alan Sparhawk, entour&amp;eacute; du nouveau bassiste de Low (Steve Garrington) et du batteur de Sun Kil Moon (Eric Pollard), a pr&amp;eacute;f&amp;eacute;r&amp;eacute; r&amp;eacute;aliser un disque de grunge avec un son puissamment 90&amp;rsquo;s, charg&amp;eacute; en distorsion bien grasse. Des ambiances auxquelles on pourrait reprocher le manque flagrant de subtilit&amp;eacute; de la part du leader de Low, mais qui nous ferait ind&amp;eacute;niablement crier au g&amp;eacute;nie si c&amp;rsquo;&amp;eacute;tait Lou&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;Barlow ou Jay&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;Mascis&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;qui les avaient r&amp;eacute;alis&amp;eacute;es &amp;hellip; On accueille donc cette d&amp;eacute;flagration sonore comme un exutoire singulier, psych&amp;eacute;d&amp;eacute;lique et l&amp;eacute;g&amp;egrave;rement improvis&amp;eacute;.

D&amp;egrave;s l&amp;rsquo;inaugural &amp;quot;Hide It Away&amp;quot;, Retribution Gospel Choir r&amp;eacute;ussit un joli m&amp;eacute;lange entre un d&amp;eacute;luge de guitares satur&amp;eacute;es qui bombent le torse et la voix catatonique d&amp;rsquo;Alan Sparhawk, dont on reconna&amp;icirc;t imm&amp;eacute;diatement le timbre sublime, gorg&amp;eacute;e d&amp;rsquo;&amp;eacute;motions encore sombres. En abandonnant les reprises de Low, Retribution&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;Gospel&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;Choir gagne un peu plus en force, et r&amp;eacute;ussit &amp;agrave; tutoyer par moment quelques sommets que n&amp;rsquo;auraient pas reni&amp;eacute; Neil&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;Young et son Crazy&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;Horse, lors de quelques explosions &amp;eacute;lectriques, notamment avec le superbe &lt;em&gt;Poor Man&amp;rsquo;s Daughter&lt;/em&gt;. Sur ce dernier, les arrangements s&amp;rsquo;&amp;eacute;tirent, s&amp;rsquo;allongent, deviennent presque impr&amp;eacute;visibles, avant de terminer en acoustique, laissant &amp;agrave; Alan&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;Sparhawk le soin de conclure dans les larmes avec un &amp;laquo;&amp;nbsp;She said lala lala&amp;nbsp;&amp;raquo; des plus &amp;eacute;mouvant. Chasser le naturel &amp;hellip;

&lt;em&gt;Electric Guitar &lt;/em&gt;enfonce le clou avec ses huit minutes intenses et plut&amp;ocirc;t noisy, avant qu&amp;rsquo;Alan Sparhawk ne retrouve doucement et tranquillement la beaut&amp;eacute; charnelle de Low sur un &lt;em&gt;Bless Us All&lt;/em&gt; fant&amp;ocirc;matique. Malgr&amp;eacute; quelques passages un peu moins passionnants (&lt;em&gt;Workin&amp;rsquo; Hard&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;&amp;lsquo;68 Comeback&lt;/em&gt;), ce second album de Retribution&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;Gospel&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;Choir impose encore plus le side projet d&amp;rsquo;Alan&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;Sparhawk comme le r&amp;eacute;sultat fascinant d&amp;rsquo;un songwriting &amp;agrave; la fois charnel et distordu.</description></item><item><title>Antrabata - Dark and bright</title><link>http://www.indiepoprock.net/review.php?id=3246</link><guid>http://www.indiepoprock.net/review.php?id=3246</guid><pubDate>Wed, 03 Mar 2010</pubDate><description>&lt;div align="justify"&gt;Suite &amp;agrave; leur premier album, les parisiens d'Antrabata se sont vus classer dans la cat&amp;eacute;gorie trip-hop. Bien sur, le terme n'a rien de p&amp;eacute;joratif et n'est pas inappropri&amp;eacute;, si on tient&amp;nbsp; compte du fait que le groupe distille une musique tout en downtempo, m&amp;eacute;lodique, et que viennent souvent se greffer dessus des rythmiques m&amp;eacute;tronomiques. 

&amp;nbsp;Pourtant, s'il permet de cerner la musique d'Antrabata, on pas envie plus que &amp;ccedil;a d'en user, histoire de ne pas enfermer trop vite le trio dans un cr&amp;eacute;neau trop &amp;eacute;troit. Car, sur ce second album, d&amp;egrave;s &lt;em&gt;Echoes, &lt;/em&gt;des &amp;eacute;l&amp;eacute;ments bien affirm&amp;eacute;s se mettent en place : une voix, celle de Femke Lavrijssen, bien en avant, claire, pure sans en rajouter, et qui nous parvient directe et franche. Ensuite, derri&amp;egrave;re, ce sont avant tout les notes de fl&amp;ucirc;te traversi&amp;egrave;re qui retiennent notre attention, et qui, si elles contrastent avec la rythmique, apportent avant tout un suppl&amp;eacute;ment d'onirisme, de suavit&amp;eacute; organique qui nous place sur un terrain pas franchement inconnu mais n&amp;eacute;anmoins singulier, pas compl&amp;egrave;tement soul, pas compl&amp;egrave;tement psych&amp;eacute;, ni d&amp;eacute;pressif ni insouciant. Impression notamment ressentie sur &lt;em&gt;Chameleon of today &lt;/em&gt;ou &lt;em&gt;Copy and paste. &lt;/em&gt;C'est dans ces moments-l&amp;agrave; qu'Antrabata convainc pleinement, plus que sur des titres soign&amp;eacute;s mais un peu trop sages comme &lt;em&gt;Dark and bright. 

&lt;/em&gt;Sur la seconde partie du disque, le groupe distille quelques instrumentaux, notamment &lt;em&gt;Onde day after, &lt;/em&gt;qui n'est pas sans rappeler les d&amp;eacute;buts d'Air. Mais &amp;agrave; vrai dire, la voix de Femke nous manque un peu, et le superbe &lt;em&gt;Knowing a smile &lt;/em&gt;ne fait que confirmer que c'est lorsque les arrangements viennent se lover autour d'elle qu'Antrabata est le plus attachant. Et qu'on a envie de les suivre. 
&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;</description></item><item><title>Valravn - Koder pa snor</title><link>http://www.indiepoprock.net/review.php?id=3240</link><guid>http://www.indiepoprock.net/review.php?id=3240</guid><pubDate>Tue, 02 Mar 2010</pubDate><description>&lt;div align="justify"&gt;Il faut &amp;ecirc;tre reconnaissant au label Prikosnov&amp;eacute;nie de promouvoir par chez nous des artistes qui, sinon, n'auraient sans doute jamais atteint nos fronti&amp;egrave;res ni nos oreilles. Valravn, groupe danois, qui, il faut le souligner, chante dans sa langue, fait partie de ceux-ci. 

Alors autant l'annoncer d'entr&amp;eacute;e, pour v&amp;eacute;ritablement appr&amp;eacute;cier &amp;quot;Koder pa snor&amp;quot;, il faut d'abord passer outre un premier clich&amp;eacute; qui a tendance, depuis une bonne dizaine d'ann&amp;eacute;es, &amp;agrave; coller aux basques des groupes nordiques qui se lancent dans la pop matin&amp;eacute;e d'&amp;eacute;lectro, &amp;agrave; savoir d'&amp;eacute;voquer Bjork d&amp;egrave;s les premi&amp;egrave;res notes. &lt;em&gt;Koder pa snor, &lt;/em&gt;le morceau titre plac&amp;eacute; en entr&amp;eacute;e, n'&amp;eacute;chappe pas &amp;agrave; la r&amp;egrave;gle, et les intonations vocales sont parfois d'un mim&amp;eacute;tisme confondant. Ce qui, par ailleurs, n'emp&amp;ecirc;che pas le morceau de d&amp;eacute;velopper des qualit&amp;eacute;s m&amp;eacute;lodiques certaines et des arrangements soign&amp;eacute;s. Toutefois, d&amp;egrave;s &lt;em&gt;Kelling, &lt;/em&gt;Valravn &amp;eacute;tend quelque peu sa palette en r&amp;eacute;v&amp;eacute;lant une facette plus personnelle, &amp;agrave; travers l'inclusion dans sa pop d'&amp;eacute;l&amp;eacute;ments qui renvoient plus volontiers &amp;agrave; la musique traditionnelle. On craint alors d'ingurgiter un cocktail indigeste, mais le groupe s'en tire r&amp;eacute;ellement bien, ne tombant pas dans l'emphase ni la surench&amp;egrave;re. 

Sur &lt;em&gt;Sjon, &lt;/em&gt;les arrangements se font plus sobres, cristallins m&amp;ecirc;mes, et soutiennent parfaitement la voix, et &lt;em&gt;Kraka &lt;/em&gt;ou &lt;em&gt;Seersken, &lt;/em&gt;qui durcit un peu le ton, sont de belles machines bien huil&amp;eacute;es. A peine regrettera-t-on une petite baisse de r&amp;eacute;gime sur la fin du disque et un recours un peu trop insistant &amp;agrave; un chant plus incantatoire qui plombe un peu les m&amp;eacute;lodies, comme sur &lt;em&gt;Farin uttan at veroe vekk. &lt;/em&gt;Ce qui ne remettra en rien en cause la r&amp;eacute;ussite de &amp;quot;Koder pa snor&amp;quot; et le bol d'air que nous offre Valravn. 

P.S : pour se procurer le CD, le plus simple est de se rendre sur le site http://www.prikosnovenie.com&lt;/div&gt;</description></item><item><title>Good Shoes - No Hope, No Future</title><link>http://www.indiepoprock.net/review.php?id=3241</link><guid>http://www.indiepoprock.net/review.php?id=3241</guid><pubDate>Mon, 01 Mar 2010</pubDate><description>Apparus sur le devant de la sc&amp;egrave;ne en 2007 avec leur premier album &amp;quot;Think Before You Speak&amp;quot;, qui, sans r&amp;eacute;volutionner le genre, avait apport&amp;eacute; un vent de fra&amp;icirc;cheur &amp;agrave; la brit-pop, les Good Shoes se pr&amp;eacute;sentent trois ans plus tard devant nous pour le grand oral du deuxi&amp;egrave;me album. On le sait, l'Angleterre a le chic pour sortir chaque ann&amp;eacute;e ou presque son lot de groupes aux trajectoires aussi brillantes qu'&amp;eacute;ph&amp;eacute;m&amp;egrave;res et avec le recul on craignait un peu que les londoniens ne rejoignent le panth&amp;eacute;on britannique des groupes &amp;laquo;&amp;nbsp;com&amp;egrave;tes&amp;nbsp;&amp;raquo;. Alors, contrairement &amp;agrave; ce qu'ils veulent nous faire croire sur le titre de leur album, y a t'il un espoir, un futur, pour les Good Shoes ?
&amp;nbsp;
&lt;em&gt;Under Control&lt;/em&gt;, premier single issu de ce &amp;quot;No Hope, No Future&amp;quot;, nous avait donn&amp;eacute; beaucoup d'espoir sur la teneur de ce nouvel album. Catchy &amp;agrave; souhait avec sa rythmique funky, il pouvait laisser croire &amp;agrave; un album de la m&amp;ecirc;me trempe. &lt;em&gt;The Way My Heart Beats&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Everything You Do&lt;/em&gt;, les deux premiers titres de l'album, ont malheureusement rapidement douch&amp;eacute; cet enthousiasme. Le premier nomm&amp;eacute; est du Good Shoes pur jus, m&amp;eacute;lange de post-punk et d'art-rock, de Gang of Four et d'XTC. Le second est &amp;agrave; l'image de l'album, plus tortur&amp;eacute;, moins imm&amp;eacute;diat, &amp;agrave; l'image des sentiments qui ont habit&amp;eacute; Rhys Jones pendant son enregistrement suite &amp;agrave; une d&amp;eacute;ception amoureuse.
&amp;nbsp;
Les Good Shoes semblent avoir perdu cette fra&amp;icirc;cheur et cette innocence qui caract&amp;eacute;risent g&amp;eacute;n&amp;eacute;ralement les jeunes groupes sur leur premier album. Rhys Jones tente de faire du Eddie Argos sur &lt;em&gt;I Know&lt;/em&gt; ou &lt;em&gt;Times Change&lt;/em&gt; mais il faut bien se rendre &amp;agrave; l'&amp;eacute;vidence, il n'a ni le talent ni le charisme de l'ex-Art Brut. Hormis un &lt;em&gt;Under Control&lt;/em&gt; toujours aussi jouissif et &amp;agrave; un degr&amp;eacute; moindre le surprenant &lt;em&gt;Our Loving Mother in a Pink Diamond&lt;/em&gt;, cet album se traverse de mani&amp;egrave;re quasi-anecdotique en 30 petites minutes qui paraissent presque interminables sur un final vraiment poussif.

D&amp;eacute;ception donc pour un groupe que l'on pensait &amp;agrave; m&amp;ecirc;me de nous refaire le coup de &amp;quot;Think Before You Speak&amp;quot; mais qui vient peut-&amp;ecirc;tre de signer avec son &amp;quot;No Hope, No Future&amp;quot; une pr&amp;eacute;monitoire &amp;eacute;pitaphe.</description></item></channel></rss>